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Yoga AW 2019 05 06 - La balançoire de la dualité



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La balançoire de la dualité : L’arbre et la pirogue

Tout homme est tiraillé entre deux besoins. Le besoin de la Pirogue, c’est-à-dire du voyage, de l’arrachement à soi-même, et le besoin de l’Arbre, c’est-à-dire de l’enracinement, de l’identité. Les hommes errent constamment entre ces deux besoins en cédant tantôt à l’un, tantôt à l’autre jusqu’au jour où ils comprennent que c’est avec l’Arbre qu’on fabrique la Pirogue - Mythe mélanésien de l’Archipel du Vanuatu

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Être tiraillé entre l’arbre et la pirogue, c’est le propre de la dualité. Tant que le voyageur se voit dans la pirogue, il est bon pour lui de pagayer régulièrement, sans forcer, sans se blesser. Si le gout de la pagaie ne lui est pas donné, il peut changer de batellerie et hisser la grand-voile. Mais toujours « quotidiennement et régulièrement », professe Chandra Swami .
Dans la galaxie du voyage spirituel, il y a des myriades de bateaux écoles. Plus que l’école, plus que le bateau, ce qui importe c’est le gout au voyage. Cela peut être un voyage en assise ou un voyage en mouvement. Cela peut être la peinture, la musique, ou la prière. Le tir à l’arc, la lutte et le combat. L’étude, l’éducation, la compassion. La dévotion, l’amitié, le soin. Le silence, la gratitude, la contemplation.

Dans tous les cas, il convient que le voyageur pagaie le cœur à nu, avec humilité et sans attente ni jugement de résultat. Juste par attirance et intuition du geste. Car, en fait, le plan de navigation du bateau lui caché, fût-il même le capitaine. Source ou Océan ? Sa tête ne saura jamais dire où le geste emmène son cœur.

Les écoles occidentales de yoga privilégient le travail postural. Pourquoi pas ? C’est un chemin comme un autre. A condition de pratiquer en longue distance, avec douceur, fermeté, donc sans blessure. Longue distance ne veut pas dire longtemps, mais hors temps.

Et puis un jour, la pirogue arrive au port. Le voyageur se reconnait en assise sur l’arbre qu’il n’a jamais quitté. C’est la fin du voyage, la fin de la montre, le commencement de soi. Celui qui goutera ces paroles ne goûtera pas de la mort. Namasté !

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