66



Et quand il n'y a plus rien à faire

Un décor à la Bagdad Café, genre Little Miss Sushine ou Easy Rider, la photo des amis partis hier et qui vous attendent devant une bonne bière glacée. J’entreprends aujourd’hui la grande chevauchée du 66. Aujourd’hui la Harley rétrograde et la musique de Bob Dylan berce mon bandana blanchi.
Soixante six ans, c’est la promesse annoncée du troisième tiers. Le tout début du commencement du frémissement du chemin en mobilité surannée. Le temps des flash-back sur 24 105 levers de soleil. le rebobinage incontrôlé sur les longues, très longues lignes droites, bordées de ravins improbables, de paysages divins. La plongée en eau profonde sur des centaines de rencontres et d'amours inoubliables.
A priori, on pourrait penser que cette âge est vide et donc ennuyant. Mais détrompez-vous, cet âge est le paradis de l’assise, du silence, les yeux bien ouverts sur les jeunes pousses, les générations qui prennent le relais.
Car pour traverser la méditation que l’on appelle la vieillesse, il faut encore, encore et encore beaucoup, beaucoup, beaucoup d’Amour. Encore et encore plus d’humanité, d’humilité, de gratitude, de patience, de générosité, de tendresse, de curiosité.
Quand l’énergie biologique diminue, il faut certes raccourcir les étapes, s’accorder plus de pauses. "Et quand il n'y a plus rien à faire, il reste encore à prendre l'autre dans ses bras, parce que çà, on peut toujours le faire." Oui, le piège de la vieillesse serait de dormir !
Sur la 66, le spectacle est grandiose. Il nous conduit à la promesse tant attendue, au grand Pacifique. Il nous emmène jusqu'à l’éveil à l'Ultime. Alors chiche, on y va ? On garde les yeux ouverts ? Ensemble ? Ultreïa !

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