Le rire de Jacques



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Courrier reçu de Eglantine Gabex-Hailé - Journaliste (.. mais pas qu) à Erbil en Irak

Assister à une messe de Noël à Erbil, dans une église comble, des chrétiens déplacés de Qaraqosh, de Bartella. Entendre un responsable musulman ouvrir la célébration. Applaudi avec force par tous les présents, ceux là mêmes qui jurent ne jamais plus parler à des musulmans. Entendre l’homélie de l’archevêque : trouvez en vous la force de reconstruire et d’espérer.
Aller encore à Qaraqosh, marcher encore sur des cendres, célébrer une messe dans une église devenue champ de tir, voir des maisons entièrement brulées, dévastées, pillées, une ville au tiers détruite par les bombardements de la coalition. Suivre encore ceux qui rentrent chez eux pour n’y trouver rien, ce qui avait été préservé par DAESH a été pillé, brulé, encore par qui, pourquoi ?
Aller à Suleymaniyeh, assister à une pièce de théatre jouée par des enfants chrétiens, yazedis, kurdes. Etre invité à déjeuner dans ces familles déplacés, de Mossoul, de Qaraqosh, entendre la même impossible réconciliation.
Ecouter le père Jacques, détenu 5 mois par l’Etat islamique, entendre son rire, écouter son rire. Lui demander son secret. La confiance, et puis tout cela est normal, je suis un parmi d’autres, combien de disparus, détenus par le régime, dont nous ne savons rien. Moi je suis revenu. Le rire de Jacques, pour ceux qui le connaisse, est un défi à la mort, au désespoir.

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